Zen Kyoto

Chasen - fouet en bambou japonais

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Le chasen, fouet à thé en bambou, est l’un des ustensiles utilisés dans la cérémonie du thé. Fait en bambou, il sert à mélanger et faire mousser la poudre particulièrement fine du Matcha (Sencha ou Gyokuro réduit en poudre).

Le chasen est fait d’une seule pièce de bambou d’environ 10 cm dont on laisse intacte la petite partie qui servira de manche, et dont l’on fend le reste en plusieurs tiges reliées à la base à l’aide d’un fil. La forme du chasen varie selon l’usage et le style de la cérémonie du thé. Le style Omotesenke utilise du bambou fumé tandis le style Urasenke utilise du bambou Wanghee, quant au style Mushakojisenke, il se sert de bambou noir.

La forme de l’extrémité des tiges de bambou du chasen diffère également selon le style de cérémonie. Celles des chasen Mushakojisenke sont droites alors que celles des chasen Urasenke et Omotesenke sont incurvées vers l’intérieur. Le chasen Mushakojisenke serait le plus approchant de la « forme Rikyû », forme préférée de Sen no Rikyû, père de la cérémonie du thé.

Les chasen peuvent également être ordonnés selon le nombre de leurs tiges. Le fouet Heiho en a 16 ; le Araho, 36 ; le Chu-araho, 48 ; le Nodate, 54 ; le Tsuneho, 64 ; le Kazuho, 72 ; Hachijyu-pon-tazu, 80 ; le Hyappon-tazu, 100 ; le Hyakunijyu-pon, 120. Les fouets à thé Araho sont utilisés pour préparer un « thé épais » (koicha) dont la consistance est plus dense et le goût peu amer, tandis que les fouets Kazuho servent au « thé fin » (usucha), plus fluide et amer.

En outre, certains fouets vont de pair avec les bols de thé utilisés. C’est le cas du chasen Tenmoku qui sert pour le chawan Tenmoku, de même que le Chô-chasen est utilisé pour le chawan tsutsu (bol cylindrique).

L’origine du chasen nous amène à la Dynastie chinoise des Song. En Chine, avant les Song, ce n’était pas un fouet mais une cuillère à thé qui servait au mélange de la poudre de thé. Huizon (1101-1125), nous rapporte pour la première fois l’utilisation du chasen dans son ouvrage, « Un discours sur le thé », écrit sous le règne Daguan. Il y est mentionné que « les méthodes pour faire bouillir le thé sont pléthores. Il y a celle qui après avoir ajouté de l’eau, mélange immédiatement la poudre en « pâte » pour la remuer ensuite avec une main lourde et un mélangeur léger, afin qu’aucun grain de millet ou d’œil de crabe [référence probable aux grumeaux] ne soient formés. Cela est appelé le « versement inactif ». Le « mélangeur léger » fait en réalité référence au chasen.