Zen Kyoto

La ville d’Uji

Zen Kyoto Title

Uji est l’une des plus anciennes villes du Japon, située entre les deux ex-capitales de Nara et Kyôto. Elle obtient le statut de « ville » le 1er mars 1951. Ainsi placée sur la route principale qui reliait Kyoto à Nara et les provinces de l'Est, et s'étant doté du pont d'Uji enjambant la rivière torrentielle Uji, la ville était un axe de transport important.

La ville est installée sur la rivière Uji qui prend sa source dans le lac Biwa. Elle a une population estimée à environ 200 000. Cela fait près de 1000 ans qu’est loué son thé. L’industrie du thé devint importante à Uji lors de l’époque Muromachi, et se développa en même temps que la réputation de la ville.

À l'époque d'Edo, l'administrateur général du thé qui remplissait aussi la fonction d'administrateur local, faisait former un cortège sous le nom de « procession de la jarre à thé » pour en offrir au shogunat. Les villageois accouraient alors dans les rues pour accueillir et voir partir la procession.

Depuis l’époque Muromachi, la ville est entourée de plantations de thé. La plantation Umonji-en, une des « sept plantations d’Uji » (Uji shichi meien), prenait racines ici. Sur son flan sud, les fabricants de thé ou chashi avaient pignon sur rue. Certaines de ces échoppes sont toujours visibles aujourd’hui dans la rue du Pont d’Uji (Ujibashi-dori), ainsi nommée pour nous rappeler la vielle ville des chashi. L’une d’entre elles abrite le Musée Uji Kambayashi (Musée du thé) et nous renseigne sur les ustensiles du passé, le thé d’Uji ou encore les fabriques de thé.

Au moment des cerisiers en fleurs, le pont Uji est très agréable à traverser. Le festival du thé a lieu le premier dimanche d’octobre. Uji étant une « ville de thé », on y fait très attention à l’eau. Lors du festival du thé, on accomplit des rituels avec l’eau de la rivière Uji, porte des costumes, fait des prières de remerciement aux sommités du monde du thé, et participe à des compétitions de dégustation de thé. En outre, il est possible de savourer du thé gratuitement.

Le Byodoin

Le Byodoin était originellement une villa rurale appartenant à Fujiwara no Michinaga. En 1052, son fils Yorimichi transforme la villa en un temple bouddhiste et construit dans l’année suivante son bâtiment principal, le Hôdo ou Salle du Phoenix. Dans la salle du Phoenix repose une grande image du Bouddha Amida sculptée par Jocho, le plus grand sculpteur bouddhiste d’alors. Plus tard, Yorimichi et ses descendants agrandissent le temple construisant d’autres bâtiments tels le Hokkedo (salle du Lotus), le Godaido (une salle dédiée aux Cinq rois sages), une librairie de sutra, une trésorerie et une pagode. Le tout représente la « Terre pure » de l’école bouddhiste Jodo. En 1336, presque tous les bâtiments sont détruits par le feu des suites de la bataille entre Takauji Ashikaga et Kusunoki Masashige. De nos jours, seuls subsistent la salle du Phoenix, la salle Kannon et le cocher. L’incendie détruisit également un jardin de la période Heian (794-1185), désigné pourtant comme l’un des plus beaux et ayant servi de modèle pour de nombreux temples et sanctuaires postérieurs. Le Byodoin est le symbole de la culture aristocratique et de l’art bouddhique Jodo de la période Heian. En outre, d’autres monuments anciens et contemporains, importants historiquement et culturellement pour la région Kinki sont parsemés le long de la Rekishi Kaidô (la route historique).

La ville d’Uji, pendant l’époque Heian-Muromachi (794-1392), voit le développement d’une culture japonaise indigène symbolisée par la naissance de la littérature kana*, le passage d’une société aristocratique à une société dirigée par la classe guerrière, et enfin par le contraste entre l’élégance courtoise et l’austérité Zen. La salle du Phoenix de l’époque Heian du Byodoin, et les nombreux sites et scènes représentés dans les derniers chapitres du Dit du Genji, communément appelés « les 10 chapitres d’Uji » donne à la ville un air royal, réminiscence d’une époque impériale superbe et glorieuse

*la langue japonaise contient non seulement 2000 sinogrammes obligatoires (minimum requis par l’état), mais aussi deux syllabaires ou kana : les hiragana et les katakana dérivés de sinogrammes chinois et inventés par les Japonais à l’époque Heian au IXe siècle.